Un lundi ou peut être était-ce un jeudi, je suis tombée sur lui, par hasard, et je l'ai gardé dans ma chute en le faisant exprès. Lui, c'est Chris Garneau. Il est un peu poète pélican à ces heures perdues et l'a très bien défendu en pondant son premier album « Music for tourists ». Première écoute... Les chansons se succèdent, et un et deux et trois, je reste bouche bée par cette ville miniature qu'il a construit partout en moi, avec sa foi et ses dix doigts. Sa voix délicate avec laquelle il combat le vacarme assourdissant glissant sous son lit, j'en suis tombée amoureuse. Treize chansons. Et puis la dernière. L'extraordinaire. La numéro quatorze. Une sublime reprise d'Elliott Smith s'intitulant Between the bars. Et elle m'a envoyée valser. Fin. Le disque s'arrête de tourner et je reste allongée. Désorientée et aimantée. Il m'a fait fondre comme une petite fille à la première cuillerée et je n'en ai fait qu'une bouchée. Croyez-le ou non mais c'est un sentiment particulier. Et puis un lundi ou peut être un jeudi, la nouvelle est tombée. Je l'ai rêvé et il l'a fait. Un second album intitulé « Eleanor the Cats and Kids » est né et je suis curieuse d'entendre ce qu'il a une fois de plus inventé.
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